30 juillet 2011

Trève

Je plaide pour une trêve. Bon. Ok, le rythme d'ici est aussi endiablé qu'un morceau de chants grégoriens. On se fait chier ici qu'autant en écoutant les polyphonies corses. Pas vrai? T'inquiètes, je ne serai pas vexée. M'en faudrait plusse. J'arrête les métaphores musicales pour plaider une trêve.
Tu permets?

Cela fait je ne sais combien de fois que je reformule mes phrases. Mes billets. Ils ne me plaisent pas. Comme le couple qui vit en face de chez moi. Suis-je obligée de supporter la vue d'un torse imberbe tous les jours, sous prétexte que c'est l'été? Et d'entendre l'écho de leurs smacks venant se cogner contre mon balcon. Non, là, je déconne. Un poêle!
Cette insatisfaction est la conséquence (ou cause, je ne sais pas, j'ai jamais pu faire la différence) de tomber sur des blogs: des vrais. Oui, ça existe toujours en 2011. Où ça se sent, que leurs auteurs aiment écrire, tsé. Où les fautes d'orthographe et de syntaxe ne sont pas intentionnelles. Où la course à la visibilité n'est pas le but. Seul regret: ils n'écrivent pas assez souvent. Tu me diras poster un publi-rédactionnel ou un concours, tombés tout cru d'un mail se fait plus rapidement. Je te le conçois.
Parfois, j'assimile la blogosphère (si tant est qu'il y en ait toujours une) à un grand jardin à l'anglaise avec beaucoup de mauvaises herbes mais heureusement avec quelques fleurs. Tu as vu, comme je suis poétesse! Et aigrie, aussi. Tu as autant le droit de le penser que moi de l'écrire.

Bon, qu'est-ce que je disais? Ah oui, je demande une trêve. Non, je ne suis pas en guerre, tout va bien. Sournoisement, j'abuse d'Août. Lui, qui est derrière nos portes et qui entrera sans se faire prier d'ici 48h.
Il me fatigue d'avance. Et en plus, il mesure 31 jours. Donc, avant qu'il soit là, je prends mes ballerines et. Cassos!
Je fuirai jusqu'à la côte d'Amour, jusqu'à la mer, avant qu'il ne me rattrape. Je me cacherai dans les marais. Derrière les monticules de sel, aucune chance de me trouver.
Je reprendrai mes habitudes estivales. Je boirai des daïquiris jusqu'à confondre le ciel et les pavés gris. J'irai goûter la mer avec mes pieds. Je ferai des poiriers aquatiques. La tête sous l'eau, on est tranquille, on ne pense plus à rien. Et surtout pas à l'armée de boobz cramés et sans âge que m'impose la populace. Je regarderai avec désespoir mes jambes et mes cuissots rester blancs malgré le soleil qui tape. Game Over, j'ai épuisé mon capital soleil à cet endroit stratégique.
De ma fenêtre, je jetterai un coup d’œil au dernier arbre du jardin, mort après un tragique dézingage orchestré par un agent EDF. Je ne sentirai plus l'odeur des magnolias. Doudou ne pourra pas grimper et s'installer comme nous avons pu le faire, Ti Frangin et moi, à son âge.
Une fois de plus, je serai partagée entre mon amour et ma haine saisonnière de Beach City. Que cette ville devient laide pendant 4 mois! Je ne la reconnais plus. Elle est prise d'une crise de boulimie quand reviennent les beaux jours. S'habille en 38 alors qu'elle fait un bon 44. Engorgée, étouffée et saturée par la foule.

J'écouterai et ré-écouterai les morceaux suivants. Je danserai sur le sable, au soleil couchant, ivre du moment, pour oublier que les DJ sets sur la plage n'existent toujours pas à Beach City, ni les attaches d'ailleurs. I'm a poor lonesome girl. On me prendra pour une folle qui se croit au paradis et j'aimerai ça.





Bon mois d'août!


5 commentaires:

  1. Allez, je t'autorise cette trêve ;) Pour ma part, je me la suis déjà octroyée, donc bon... !

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  2. En surfant d'un lien de blogueuse à une autre, je suis arrivée chez toi, ma foi, c'est bien sympa...

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  3. Pareil pour moi. J'assimile les fautes d'orthographe ou de style à une impolitesse. Un peu comme le fait d'être mal habillé.
    L'écriture, c'est autant la forme que le fonds

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  4. Je proteste, il existe des chants grégoriens qui font kiffer la vibes (avec ton mec).
    ;)

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  5. @ JS: ;-)

    @ Nikita: sois la bienvenue ici!

    @ Harry: Exactement, mais parfois je fais exprès de faire des fautes pour essayer de faire ressortir les sons des mots.

    @ Colombe Linotte: héhéhé :-D

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