21 juillet 2011

Baptême

J'aime beaucoup quand on m'invite quelque part. J'aime encore plus le sentiment qu'on m'attend. Et si tu sors le tapis rouge à mon arrivée, c'est encore mieux. Avec les daïquiris en cocktail de bienvenue, stp, merci.

Bon. Pour cette fois, cela n'a pas été le cas. J'ai dû beaucoup m'inviter, secouer des mains, crier par mail et j'ai fini par réussir à partir. A deux heures de là.
Un sourire de découverte affiché sur mes lèvres, dès mes premiers pas sur le quai. Je marche lentement, le nez en l'air. Il y a tellement de choses à voir que j'ai peur d'en louper.

La plouc nantaise débarque.

J'ai d'abord mis une bonne partie de la soirée à remonter le train, jusqu'au début de la voie. Puis, j'ai relu le mail reçu le matin même m'indiquant ma mission. Allez, c'est parti!! Arrivée dès la gare, je devais déposer mes affaires quelque part dans Ivry puis repartir pour atteindre Bastille. Jongler entre différentes lignes de métro sans remuer les oreilles et sans serrer les fesses.
Klaxons, bruits de verres, rires, cris, musique. La rumeur fut soudaine, persistante. L'effervescence me gagna rapidement. Il ne me restait que quelques mètres avant de retrouver mon after-workeuse. Mission accomplie quand je retrouve le bar: l'Eau Peine Bar. On admire au passage, le sens de l'humour parisien.
Estomaquée par le prix de la pinte dans le 11è (euh, il ne s'est pas trompé à me rendre la monnaie, là? Non!) mais rapidement charmée par les after-workers. Je me sens toujours flattée quand on me sort que mon sac à main fait très Ubi. Ce qui a un high-level dans ma conception de la branchitude.
Je suis rapidement grisée par l'agitation qui règne et les propos enthousiastes de mon amie à propos de nos métiers communs (il y a plein d'entreprises ici qui nous valorisent, faut le savoir) et par la vie de débauche qu'elle mène (Paris, quand tu es célibataire, c'est génial!).
Au fur et à mesure que mon verre se vide, je me laisse convaincre que Paris peut devenir un champ sérieux de mes possibles. La tête ailleurs, j'ai préféré abandonner lâchement mon porte-monnaie. Je pense, encore avec émotion, à celui qui est tombé dessus, bénéficiant de ce joli étui turquoise contenant précisément 7€ 89. Dommage collatéral du premier soir dans un bar sombre.
L'esprit rempli de et-si et d'autres scenarii, je m'endors difficilement.

Le lendemain, elle me montre Paris, les Champs-Elysées et les différents quartiers. Nous refaisons le monde à une terrasse. Nous nous arrêtons admirer les performances de deux messieurs à rollers. Une fois dans le Marais, puis nous les retrouvons près de Notre-Dame. C'est dépaysant à chaque pas, à chaque rue. Nous trottons jusque dans la soirée pour ne pas rater le feu d'artifice. Mes pieds s'en souviennent encore.
L'attente avec mon amie ne fut pas triste. Après avoir listé tous les tue-l'amour chez un mec, bitché sur les gens qui passaient et tenté de tourner en dérision ses déceptions amoureuses, la tour Eiffel s'est éteinte. Quant au feu d'artifice, je pense être blasée, en fait. Désormais aucun pétard ne me surprend.

Le lendemain matin n'est pas évident. Je n'ai pas trop su pourquoi. Barbouillée, j'étais. Reporter avec regret mon rendez-vous avec Twittodouble, j'ai dû. Mon plus gros regret fut de ne pas avoir eu le moyen de constater si le courant passait aussi bien IRL que sur Twitter et par mails.
Je déménage à plusieurs lignes de métro et une ligne de RER de là. Et je retrouve Cilcé, nichée dans une banlieue chic.
Puis plus tard, les deux manquantes complètent le quator qu'on formait, il y a 6 ans de cela. Je sais que cette réunion est éphémère. Que le temps est compté. Que je n'ose penser à la prochaine fois où l'on se retrouvera toutes les quatre au même endroit et au même moment. Mais l'idée de siroter un demi puis de manger des sushis avec elles en banlieue parisienne me fait agréablement sourire. Ah l'ironie du sort!

Mon baptême m'a apporté la foi et a apporté des réponses aux questions que je me posais. J'ai redéfini mes envies. Je remercie mes marraines qui m'ont ouvert les yeux.
Je suis bien consciente qu'il y a une différence entre passer quelques jours à Paris et y vivre quotidiennement. J'ai pris en compte les points négatifs tout comme les points positifs. J'ai pesé les pour et les contre.
J'ai reformulé mes vœux. De il-est-hors-de-question, je suis passée à et-si. J'ai moins peur. L'idée fait son chemin. A cette question courante qu'on aime me poser pour me pièger: "et tu cherches aussi sur Paris?", je répondrai désormais: "I do!".
Je suis convaincue que Paris peut devenir un champ sérieux de mes possibles. Et c'est excitant comme certitude.

4 commentaires:

  1. ouaisss, allez rejoins-nous dans cette ville de fous !!! Mal grès tout ce que l'on dit, d'y vivre c'est extra.

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  2. si j'avais su que tu passais sur Paris, on aurait pu se voir si tu voulais. comme toi, je ne voulais pas venir sur Paris. les 6 premiers mois ont été durs. et maintenant je ne me vois plus repartir. on trouve tout ici, au niveau culturel et sorties. par exemple, hier et avant hier, concert gratuit à l'hôtel de ville de mlle K, Christophe, Brigitte etc... (par contre, paris manque cruellement de parcs, contrairement à Londres, les parcs ici ressemblent à des squares, ils sont minuscules !)

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  3. Ah Paris !
    Je ne pensais pas y monter non plus, enfin je savais que j'y trouverais plus facilement du travail qu'à Nantes par exemple.
    J'avais surtout peur de la grisaille, des heures dans les transports en commun, la foule... et en fait y a des coins de Paris super sympas. Je vis à Suresnes et y bosse aussi, donc pas de transport, et ça... c'est top (et coûutex aussi!)...

    La prochaine fois que tu viens par ici j'espère qu'on se verra ?

    Prends soin de toi :)

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  4. @ Denis: ouais, une ville de fous! et le temps passé dans les transports... c'est fou, aussi.

    @ Papillote: la prochaine fois, je te préviens promis. Et tu me montreras ton Paris. ;-)

    @ Mamzeldree: moi aussi, dans ma branche, les 3/4 des postes se trouvent sur Paris. Je te dis dès que je remonte à la capitale. ;-)

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