05 avril 2011

Médiathèque

De ces 12 mois +2, j'en aurai vu des choses, entendu des paroles que jamais j'aurai cru entendre ou voir dans une médiathèque.
Médiathèque! Déjà, rien que le mot fait peur pour les plus fainéasses d'entre vous. Médiathèque! Temple du savoir, grande surface des connaissances où j'étais cheffe de rayons mais aussi lieu social estudiantin.

Avant, j'étais naïve. Je croyais qu'on venait à la médiathèque pour bosser aka ouvrir 3 livres sur une table, prendre une feuille et un crayon et froncer les sourcils et se tenir le haut du nez entre l'index et le pouce pour avoir l'air absorbé/débordé. Toute une technique! Avant, j'étais une parfaite ingénue. Je croyais qu'on venait à la médiathèque pour réviser en panique juste avant l'examen. Avant, j'étais crédule. Je croyais qu'on venait à la médiathèque pour emprunter et rendre des livres et faire causette à la bibliothécaire moustachue et à lunettes.

Mais non!

A la médiathèque, on aime trinquer à coups de canettes de coca et de coca light. On aime aussi caresser longuement les cheveux de son voisin: peut-être est-ce un signe de reconnaissance? Toi, futur financier? Non, moi, futur marketeux! On aime se cacher entre les rayons des revues et se tripoter négligemment la pecho entre filles pour passer le temps: oh! c'est tout doux! Ils sont plus petits que les miens!
On aime également emmener des objets dont on aura certainement besoin: au choix, une couette, un oreiller (svp, il est interdit de dormir à la médiathèque!), une raquette de tennis (pour entretenir sa forme physique et non pas seulement intellectuelle), une botte de poireau (pour préparer le potage du soir après longue maturation du légume en médiathèque), une valise à roulette (façon businessstudent pressé, entre deux rendez-vous à L.A).
On aime aussi roucouler en toute tranquillité. La médiathèque est un lieu romantique où l'envie de se ventouser réciproquement est irrésistible devant les vitres des bureaux du personnel: ventousons-nous!
La médiathèque est aussi un lieu de soins. Ils n'ont pas l'air comme ça mais les livres sont dangereux. Leurs pages sont des armes pour les doigts et les mains peu prudents. Et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, on se retrouve à devoir poser des pansements.

Et puis, il y a eu aussi...
Your hair looks better today! traduction pour dire: putain, tu t'es lissé les cheveux aujourd'hui, ça te va vachement bien. Tu as une chevelure digne d'une pub l'Oréal. Oui, l'anglais est assez synthétique.

Ah bah! Enfin, quelqu'un l'a remarqué. Enfin José l'a remarqué. Et j'aurai préféré que ce soit Mark.
Tu as vu la technique de drague? Made in José. Pardon Rossé. Cheveux longs plaqués en arrière avec un quintal de gel fixation hypra forte. Grand nez et teint pâle et aimant marquer sa trace en emportant dans son sillage quelques notes fleuries d'eau de Cologne. Sitôt la phrase prononcée, l'indicateur facial monta au rouge et les livres empruntés s'échappèrent de ses mains.
Aussi couillon que lui, je sortis un merci. Mot très utile et fourre-tout quand je ne sais pas quoi répondre, avant de secouer naturellement ma chevelure brillante pour qu'il ne reste pas sur sa faim.

Malheureusement pour lui, il faudra qu'il se fasse à l'idée de ne plus voir moi et mes cheveux les fois où il ira emprunter. Sois fort Rossé!

1 commentaire:

  1. Elle est où cette médiathèque où on se fait pécho par une botte de poireaux ?

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