16 décembre 2010

Consommation

Tout d'abord merci à Hellocoton de m'avoir amené des tas de visites ces derniers jours. Depuis, je songe sérieusement à abandonner mon boulot et devenir rédactrice-web de l'ironie du sort. Ma tête ne passe plus les portes et j'ai du changer de bottines, c'est pour dire! Merci aux réactions sur Twitter, Facebook ou bien Hellocoton. J'avais décidé de fermer les commentaires car il s'agit du billet le plus intime que j'ai pu écrire en l'espace de trois ans. Chacun-e y a pu lire ce qu'il-elle a voulu en fonction de son passé, de ses émotions et ce n'est pas plus mal. Je dirai pour conclure que tout le monde a malheureusement sa boîte de Pandore. Certain-es, et je les envie, ont réussi ou réussiront à la fermer, voire même à s'en débarrasser. Lucky you!



J'ai été remise en rayon courant octobre 2009. Comme un livre de médiathèque, on m'a ramené à la banque de retour pour me reposer sur les étagères, parmi mes consœurs. Comme un produit, défectueux, dont on n'a pas été ravi, retour à l'expéditeur. C'était soit satisfait ou remboursé.
J'ai réintégré donc mon rayon, celui des filles d'à côté. Autant éloigné de celui des croqueuses d'hommes que du rayonnage des aimantes-à-cas-soss. Pour te resituer un peu, je suis un produit de type fille d'à côté. Un bien de consommation sur le marché de la séduction. Nous sommes des milliers d'exemplaires de ce produit. Seul le packaging diffère mais le contenu est globalement le même ou du moins présente des points communs. Mon packaging a peu évolué depuis un an. Mes cheveux sont plus longs et sont bien décidés à recouvrir mon cou, puis mes épaules. Ma masse corporelle a diminué mais pas suffisamment pour coller aux standards de ma catégorie. Mes atouts produit restent mes tâches de rousseurs et mes grains de beauté. Pendant cette année, je n'ai fait partie d'aucune offre de promotion et encore moins d'opérations deux pour le prix d'une.

Tout simplement, parce que j'ai la prétention de croire que je suis unique. Et que je correspond à un profil type de consommateur. Du moins, je suis naïve et je crois aux paroles évangéliques des marketeux.Je sais uniquement mettre en valeur mes faiblesses et mes défauts. C'est l'un de mes rares atouts. Je suis toujours à la recherche du marketeux qui pourrait prendre ma vente en main. Mais je suis un produit orgueilleux et je préfère me débrouiller seule parce que peut-être, je suis attachée à l'image de naturel et d'authenticité que je souhaite véhiculer auprès des consommateurs. Bref!A aucun moment, je n'ai postulé ou triché pour me mettre en tête de gondole. Je suis un produit de type fille d'à côté et par essence, je ne suis pas faite pour être mise en avant. Rester en rayon ne m'a pas empêchée d'être repérée par quelques consommateurs-boulets ayant envie de remplir leur caddie, peu importe le produit. Chacun y est allé de sa technique d'achat: de l'impulsif à celui convaincu qu'il allait conclure (une bonne affaire) mais je ne suis pas un produit facile. Et je me suis maintenue fermement aux bords de l'étagère.

Jusqu'au moment où M. l'audacieux est passé dans le rayon, l'air de rien. Instinctivement, son comportement consommateur m'a plu et j'ai consenti à lâcher une main (la droite) de l'étagère. Puis, il a commencé à négocier. Et re-négocier. Tant et si bien, que je suis toujours dans une position assez délicate: celle de l'équilibriste; une véritable fourmilière s'étant logée dans ma main gauche. M. l'audacieux est un consommateur prudent et méfiant mais surtout casse-couilles. Il veut être sûr de faire une bonne affaire. Mais non, ce n'est même pas ça, le problème. Le souci est: veut-il vraiment faire l'acquisition d'un modèle de fille d'à côté? Son état d'esprit lui permet-il? Est-ce bien raisonnable en fin d'année? D'après la conjoncture actuelle et l'âge du capitaine? M. l'audacieux risque de se transformer en M. l'incertain. Pour l'instant, il a quitté le rayon en promettant de revenir. Mais il ne sait pas quand. Pour ma part, j'ai regrimpé sur l'étagère.

3 commentaires:

  1. Il me plaît bien ton M l'audacieux. Je suis pour le naturel, mais parfois quand même, se marketer un chouilla (sans tricher j'entends), ça peut aussi être une bonne voie...

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  2. j'ai vu oui qu'hellocoton t'avait classée première et tu le méritais ! tu le mérites encore largement avec cette suite ;-)

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  3. @ Marine: moi, je ne sais vraiment pas me marketer. Seuls le langage corporel et les gestes que je ne contrôle pas peuvent bien me vendre. Et un peu de maquillage aussi, à la rigueur!

    @ Papillote: merci Papillote :-)

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