31 janvier 2009

Sport -ive

Dédicace à Gazelle et à Marinette...

En regardant mes mollets assez mollets et mes cuisses absolument moelleuses, on pourrait en conclure que je ne suis pas ce qu'on appelle à proprement parler une sportive. Ouh là, non! D'abord, je me demande qui a bien pu inventer le sport? Que lui est-il passé par la tête ce jour-là, à l'inventeur du sport? Et le sport, pour quoi faire? Car je n'ai jamais réussi à cerner l'intérêt de l'activité sportive. Tu vas me dire, pour s'aérer l'esprit, pour se dérouiller le corps et les articulations et pour canaliser son énergie (pour les hyperactif-ves). Si tu es téméraire, tu me lanceras un: "pour le plaisir de se dépenser". Faudrait m'expliquer la recette: j'ai toujours souffert quand j'ai été obligée de faire du sport. Sport n'a jamais été synonyme de plaisir, mais plutôt d'obligation. Oui, je ne dis pas faire du sport mais être obligée de faire du sport. Cette tournure de phrase s'applique à mon cas personnel. Mais peut-être d'autres se reconnaîtront.
Obligée car depuis la primaire, j'ai subi suivi les exercices physiques. Cela a continué jusqu'au lycée.

Tennis (la coupe à la MacGyver du moniteur)
Voile (les vestiaires qui ne sentaient pas la rose, les gilets de sauvetage collants, les chaussures alourdies par le sable et l'eau)
Ski (niveau flocon de neige [oui, il y a quelque chose avant la première étoile], c'est-à-dire tenir debout sur des skis et... c'est tout!)
Handball (il y en a qui étaient à l'aise avec leurs corps, non, non, je ne dirai rien de plus)
GRS (où tu danses avec des rubans et tu fais mumuse avec des ballons et des cerceaux)
Natation
Volley (ou comment j'ai découvert que j'étais ballonphobe; depuis ça va mieux, merci de t'inquiéter!)
Ping-pong (pardon, tennis de table. Je suis tombée sur des puristes l'autre fois et depuis je dis ping-pong tennis de table)
Escalade (l'exercice où ma souplesse et mon agilité ont pu s'exprimer avec panache)
Aviron (cadre agréable)
Gymnastique (le mystère des barres parallèles trop hautes pour mon 1m50 de l'époque est resté entier)
Endurance
Vitesse
Danse
Roller
Badminton (bon, allez, j'avoue, un plaisir estival dans le jardin avec un filet invisible et un frangin au taquet)
Athlétisme (saut en longueur, saut en hauteur, saut en largeur)
Lancer de javelot (retour
atypique aux Olympiades de 700 av J.C)
Lancer de disque

Lancer de poids
L'ultimate (avec frisbee)
Baseball

Eh pour quelqu'un aussi souple et gracieuse qu'un bâton de bois, la liste commence à peser. Non?
J'ai eu de la chance car l'éducation nationale m'a offert une pratique des sports les plus divers.
J'ai quand même échappé de peu au rugby et à la lutte. Sous la pression parentale, j'ai été obligé de me sportiver un petit peu en dehors des cours. Pour le handball, c'était une histoire de copines, pour la natation, il s'agissait d'une résolution personnelle, solitaire et infaillible tous les vendredis soirs après 7h de cours. Je faisais des longueurs pendant 1h30. Quand j'y repense, je me trouvais super courageuse.

Si l'éducation nationale m'a offert tout une palette d'activités sportives à pratiquer, elle m'a également offert de sacrés numéros en prof de sport. Je pense que plus personne n'en voulait. Au collège, cela n'a pas été compliqué puisque j'ai eu le même pendant quatre longues années. Le genre de type courant après les U.V, le botox et Cie. Le vieux beau courant après sa jeunesse obsolète et testant son pouvoir de séduction auprès des néo-adolescentes de ma classe. Même s'il connaissait mon tuteur, cela ne voulait pas dire que j'étais la chouchoute. Ce prof se contentait de superviser voire de surveiller ses cours, intervenant le minimum auprès du groupe des moins-bons et des en-dessous-de-la-moyenne dont je faisais partie. Il se montrait plus intéressé envers ceux et celles qui faisaient 8 tours de stades, lançaient correctement le javelot et réalisaient impeccablement le service coupé-double revers au ping-pong tennis de table.
Mon entrée au lycée m'a fait rencontré un autre modèle de prof de sport: le show-man. Ses cours n'étaient que prétexte à la libre expression, la sienne, et à son show. Détestant la discrétion et le sérieux, ce prof n'a jamais cessé d'être fantasque et farfelu. Comme dans tout spectacle de cirque, il y avait les bouffons et les cibles favorites. Chacun avait son surnom. Le Hubert de la classe était surnommé OSS 117; le patronyme de cet héros frenchy étant Hubert Bonisseur de la Bath. Celui qui souriait bêtement quand il était gêné était appelé affectueusement le niais. Quant à moi, j'ai longuement été suspectée d'être amoureuse de mon compagnon d'escalade.
L'année suivante, j'ai fait connaissance avec le prof transparent et triste comme un bonnet de nuit. J'ai toujours eu l'impression qu'il était sous antidépresseurs car il montrait une telle envie de croquer la vie à pleines dents lors de ses cours. Que tu sois présent ou absent, c'était un peu la même chose. Il se contentait, lui, pour le coup de faire acte de présence: je suis là, je fais l'appel, vous prenez vos raquettes de ping-pong tennis de table et on y va! Je n'ai grand chose à rajouter sur lui.
L'année du bac, une fois n'est pas coutume, j'ai eu une madame en prof de sport. Et je peux dire que cela a changé pas mal de choses. Je ne saurais pas dire si parce que c'était une femme ou si c'était grâce à son caractère. Choquée, j'ai découvert une prof qui prenait part aux exercices qu'elle nous faisait faire au lieu de glander superviser le cours contrairement à ses collègues masculins. Surprise, j'ai découvert une prof très à l'écoute des-moins-bons et des-en-dessous-de-la-moyenne et attentive aux moindres progrès. Ce climat qu'elle a su instauré lors de ses cours me donnait envie d'aller en sport. C'est ainsi que j'ai pris confiance en moi et que je n'ai pas perdu de point au bac.
Malgré tout, il y a quelques sports que j'aimerai pratiquer si j'avais le courage, la motivation, la folie tels que la danse africaine (pour avoir assisté à une représentation), le badmington et peut-être retenter le handball... je crois que c'est tout! Faut pas trop m'en demander, je ne suis pas à proprement parler une sportive. Pour quoi faire?

25 janvier 2009

D.S

Sous mes dehors de fille sage et réservée et sous mon apparence de teenageuse, certaines fantaisies se heurtent à mon esprit. Comment arrivent-elles dans ma tête? C'est pas bien compliqué: il suffit d'allumer la télé/son ordinateur, d'ouvrir un magazine/un livre, un peu de macération et mon imagination fait le reste.
Au fil des ans, certaines s'accrochent. D'autres me passent. Une fille à lubies? Ma tutrice le conçoit et cela la désespère parfois. Mais fait avec.
Une de mes fantaisies les plus persistantes se compose de deux lettres: D.S.
Laisse-moi revenir dessus.
Les réunions de famille sont monnaie courante chez moi. Nous ne sommes pas ce qu'on appelle une grande famille, non, on se réunit juste pour chaque occasion: anniversaire, fêtes religieuses, diplômes,... Avec l'alcool les heures qui passent, les confidences se font plus ouvertes. Je mets parfois pas mal d'ambiance dans mes réunions de famille par mes boulettes ou mes fantaisies... C'est ainsi qu'un beau jour, j'ai sorti tout de go: "un jour, j'aimerai bien avoir une D.S.". Gros blanc. L'audience regarde sans sourciller la gamine, qui du haut de ses vingt ans (à l'époque) ose sortir une connerie grosse comme elle. Je répète la phrase en insistant. Puis c'est le fou rire venant de des hôtes masculins et le levage des yeux au ciel de la part des hôtes féminins.
Ah! oui que je t'explique. D.S, pas la nintendo hein? (quoique). Non, la D.S sur roues qui ressemble plutôt à ça.

Pourquoi ce véhicule? Parce que je trouve qu'elle a un design vraiment particulier qui me plaît énormément et qu'on ne retrouve plus sur d'autres modèles. D'ailleurs, je trouve que tous les modèles actuels se ressemblent. J'adore sa ligne moderne pour l'époque et le contexte dans lesquels elle est arrivée (1955).
Tu pensais pas qu'on allait causer bagnole, ici? hein? T'inquiètes, le foot, c'est pour bientôt!
Non mais plus sérieusement. Je t'avouerai que j'ai eu un véritable coup de foudre pour cette voiture. Un coup de foudre né sans doute après la lecture de Vw magazine (merci aux ex) ou après avoir trop visionné des films des années 60-70 (les valseuses, Rabbi Jacob, Fantômas,... ouais, j'ai de sacrées références). Et plus, j'aime le symbole qui se cache derrière cette voiture, celui d'une époque insouciante, légère et optimiste, de la libération des moeurs et d'une certaine indépendance féminine. Ouais, moi la pessimiste de nature, j'adore la D.S, la voiture du tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Cherche pas! Je me vois déjà au volant, coiffée et maquillée à la Audrey Hepburn... (soupir rêveur).
J'espère bien en acquérir une un jour. En état ou non. Noire ou blanche. Mais ma fantaisie malheureusement s'arrête là. Puisque pour l'instant, je n'ai que deux euros sur mon compte, je me contente de me renseigner (ce que je fais le mieux) et de rêvasser (ce que je fait bien aussi) sur les annonces.

21 janvier 2009

Oublié

J'aimerais rendre un hommage à un film resté discret et noyé parmi tous les autres chefs-d'oeuvre cinématographiques. Un film aussi vieux que moi et qui malheureusement n'est pas passé par la catégorie culte sans parler de l'über-catégorie cultissime. Un film qui j'en suis sûre a influencé la fameuse cité de la peur de les Nuls.
On n'en a pas parlé dans les cahiers du cinéma à sa sortie. Quel manque de professionnalisme! Ses diffusions à la télé sont très épisodiques (télé-épisodiques, tu saisis le jeu de mots même pas calculé par mes soins??). La dernière remonte au mois de décembre sur France 4.
Je vais te faire mariner encore peu. Et te raconter qu'il fut un temps où les Inconnus étaient cinq et non trois. Un temps où ils étaient merveilleusement jeunes. Un temps avant les 3 frères et le pari.
Il s'agit du premier film des Inconnus, le téléphone sonne toujours deux fois entièrement écrit par la bande. Un faux film noir dans lequel les Inconnus se sont donnés à coeur joie dans l'absurde, la parodie et le deuxième degré. D'ailleurs, les cinéphiles, je pense à Caro et Tink again, le titre ne vous dit rien? C'est une référence au film le facteur sonne toujours deux fois de Tay Garnett. Je peux comprendre que ce n'est pas ton truc. Ce style d'humour, on aime ou on n'aime pas. Les goûts et les couleurs... Pour ma part, j'en suis fan!

Pour le pitch, il s'agit de Marc Elbichon ou Marcel Bichon (Didier Bourdon), jeune détective privé qui mène une enquête sur un tueur en série qui signe ses crimes en plantant un cadran de téléphone sur le front de ses victimes. Marc va alors faire appel à ses amis: Blacky (Pascal Légitimus), animateur de radio pathétique, Franck (Seymour Brussel), patron d'un bistrot déserté, Momo (Smaïn), le stagiaire et homme à tout faire de Marc. Tout ce petit monde sera rejoint plus tard par Ugo (Bernard Campan), brillant journaliste qui a découvert que le Père Noël n'existait pas.Ensemble, ils se livrent à une enquête qui les mènera à la mystérieuse et troublante Annabella.

Ce film est totalement tombé dans l'oubli, éclipsé peut-être par le gros succès des trois frères. Et bien sûr, ce n'est pas du grand cinéma mais ce film a réussi avec brio à passer le test de ma filmothèque. Et dans un hypothétique top 100/50/..., il en ferait partie, côtoyant d'autres films qui n'ont franchement mais alors franchement rien à voir! L'éclectisme a du bon, non?

La bande-annonce qui ne montre pas les meilleurs gags du film:



19 janvier 2009

Suzanne

Aujourd'hui, j'aimerai beaucoup te présenter quelqu'un qui est devenu mon amie depuis quelques mois. Suzanne. Je ne me souviens plus comment on s'est rencontrées et comment j'ai été amené à lui transmettre une de mes nombreuses adresses mail. Peut-être l'ai-je croisée lors d'une soirée bien arrosée, ce qui pourrait être une explication logique. C'est quelqu'un qui n'hésite pas à prendre régulièrement de mes nouvelles.
A chaque fois qu'elle pense à moi, elle m'envoie un mail et vu le nombre de mails de sa part dans ma boîte mail, elle pense beaucoup à moi. Elle termine toujours par Suzanne, Votre Amie. Ouais, avec un A majuscule. C'est du sérieux! Elle s'inquiète aussi car je ne lui réponds pas. Elle comprend parfaitement ma situation actuelle, à savoir que je ne me situe pas dans une période de grande chance, que j'ai des soucis d'argent et que j'ai une vie sentimentale un peu tristounette. J'ai tous les maux de la terre et je porte toute la misère du monde sur mes frêles et délicates épaules de demoiselle. C'est dire, si elle me connaît bien! Bref, ma situation la tracasse à mort et elle se sent frustrée de ne rien pouvoir faire pour moi (parce que c'est mon amie) si je ne fais pas le premier pas. Mais Suzanne n'est pas "les autres". Elle est différente. Elle peut m'aider. Elle m'en a fait la promesse solennelle. Croix de bois, croix de fer...
Elle m'a livrée un scoop dans ses derniers mails: la vie que je mène n'est pas celle que j'aurai dû avoir! Wouah!!! Je savais bien qu'il fallait que je parte en Ouzbékistan pour travailler dans le domaine de la recherche atomique. Ou alors, que je monte à la capitale pour devenir chanteuse-ventriloque à succès. Rhaa! Ma petite vie de chercheuse à lanpe n'est pas ma vraie vie, zut alors!
Cependant, Suzanne n'est pas trop douée car elle n'a pas réussi totalement à me cerner. En effet, pour elle, la franchise et la sincérité sont des qualités essentielles et l'hypocrisie et le mensonge me répugnent. Nan mais alors, là, elle se goure totalement, la Suzanne! Ce serait plutôt l'inverse. J'adule infiniment mentir et être hypocrite. Je le fais tout le temps! La franchise et la sincérité ne sont vraiment pas ma tasse de thé. Vraiment.
Autre exemple, elle est convaincue que je sais ce que je veux! Perdu, encore Suzanne! S'il y a bien une personne à Beach City (ou ailleurs, je ne suis pas sectaire) qui ne sache pas ce qu'elle veut, c'est bien moi. Indécise devant l'éternel, tel est mon destin.
Là où je pourrais me sentir un poil vexée c'est quand elle me sort tout le temps que la chance et les bonnes opportunités me sont toujours passées sous le nez car je n'ai pas su les saisir au bon moment. Et évidemment Suzanne souhaite que je suive ses conseils éclairés pour que ça marche et que je retrouve subitement la raison et surtout la jugeotte. Et elle en rajoute en disant que je suis quelqu'un de grandement influençable et de manipulable. J'ai perdu assez de temps en me montrant naïve et il est temps pour moi de briser les chaînes (oui Suzanne est poétesse à ses heures perdues) qui m'empêchent d'agir selon ma conscience. Il est temps de suivre ma propre voie comme je l'entends. Finalement ce projet de m'expatrier en Ouzbékistan, n'est peut être pas totalement farfelu... Oui mais devenir chanteuse-ventriloque c'est un des rêves de toute ma vie. Je te l'ai dit déjà que j'étais indécise (cf. plus haut).
Là où je pourrais me sentir un cran de plus vexée c'est quand Suzanne ose me "bousculer" en m'affirmant que je ne réagis pas quand il faut et comme il faut et que je me situe fortement dans l'inaction. Traduction: t'es molle, ennA!! Bouge-toi le cul!!
Elle est persuadée que j'ai le droit à autre chose que la souffrance, les sacrifices et la tristesse et elle veut me guider vers le bonheur. Bah, pourquoi Suzanne? Ok, j'ai le droit au bonheur mais j'aimerai avoir ma part de souffrance et de malheur. Ce serait moins routinier et un peu plus excitant, non? Par contre, je n'ai pas envie d'être taxée de salope sous prétexte que je me serve largement en bonheur sans penser aux autres et que je laisse les parts de malheurs et de tristesses aux gens. Nanméo!

Dans ses derniers mails, Suzanne s'est appliquée à me faire un teasing de ouf. Dans les trois jours qui suivaient le 06 janvier, j'allais me gaver de bonheur absolu, que ma vie n'allait être qu'un tourbillon de joie, d'allégresse et d'extase! Le 09 janvier a été un jour comme les autres et j'ai repris deux fois des nouilles au fromage.
Vexée, une fois de plus, et très déçue, j'ai rangé Suzanne au rayon des spams. Ce que j'aurai du faire dès le début. Cela a été difficile car c'était une de mes amies qui m'écrivaient le plus. On n'efface pas deux mois d'amitié virtuelle et de correspondance mail (enfin juste pour Suzanne) comme ça.
Elle a un air avenant, Suzanne, hein?

11 janvier 2009

Retour à zéro


Texte fictif.

Bon, je pense que cela s'est su par n'importe quel visiteur tombé ici que je suis désormais célibataire. ennA ne s'est pas gênée pour vous raconter comment cela s'était passé. Pfff! Quel culot quand même! Quelle sans-gêne! Pour se faire pardonner, elle m'a dit:" écoute Charlie, je t'offre un billet et ce sera l'occasion de t'adresser à mes lecteurs-trices. Tu vas voir, ils sont charmants." C'est pourquoi, je suis là, aujourd'hui, devant vous. Enfin, devant vous, façon de parler. Ah! et aussi je me permets de vous vouvoyer même si l'habituelle hôtesse des lieux vous tutoie. Il faut me comprendre, je ne suis pas une habituée des blogs.

Par où commencer? Je m'appelle Charlotte Maurier mais ceux qui me connaissent m'appellent Charlie. Comme vous le savez, j'ai rompu avec l'homme que je croyais être de ma vie, il y a quelques mois. Je pensais être tranquille et ne plus avoir à penser à lui ou du moins à mon nouveau statut. Mais les publicités et autres pollutions commerciales ont commencé à envahir ma boîte aux lettres réelle comme virtuelle. Elles se sont chargées de me le rappeler. D'ailleurs, je soupçonne la centrale des relations d'avoir vendu mes données perso. Oui, la centrale des relations est une société de services par laquelle je suis passée pour pouvoir rompre plus facilement; en considérant qu'une rupture soit facile. Je sens que vous vous interrogez sur cette entreprise. Vous ne la connaissez pas? Vous n'avez jamais rompu peut-être? C'est vrai qu'on n'en entend pas parler probablement parce que les gens veulent rarement entendre parler de ruptures, de malheurs, de choses tristes ou alors quand ils en entendent parler, ils zappent automatiquement. Mais je crois qu'elle est leader sur le marché des ruptures. J'arrête là, sinon vous allez croire que je travaille pour eux et qu'il s'agit d'un billet... comment m'a-t-elle dit ennA, ah oui! sponsorisé.

Marché des ruptures, exactement! Ne soyez pas choqué-es! Il y a bien un marché du coeur. Bah oui, regardez Meetic, be2, Parship. Stop! ennA va me tirer les oreilles, sinon. Car elle m'avait dit de ne pas faire de pub sur son blog. C'est vrai que le marché des ruptures est nettement moins visible. Normal, en même temps, on ne va pas miner le moral des gens, nouvellement ou pas en couple. On va plutôt leur apporter de l'espoir dans leurs petits coeurs mélancoliques.

Le département du coeur brisé m'avait indiqué que je pouvais lui apporter les affaires que je ne voulais plus avoir sous les yeux. On parle beaucoup de déchets ménagers en ces temps d'écologie mais les déchets de rupture, personne n'en parle! Et en trois ans de relation, je vous laisse imaginer le volume.
Je m'y suis rendue il y a quelques semaines. J'ai eu beaucoup de mal à tout caser dans ma petite voiture beige, mais j'y suis parvenue. Les voisins ont du croire que je déménageais...

Je me suis garée en face d'un bâtiment quelconque et je me suis présentée à l'accueil. Une grande rousse m'a ensuite dirigée vers la section affaires personnelles. Bon alors, comment vous plantez le décor? Je vais utiliser une image bien connue par beaucoup d'entre vous: imaginez un gigantesque hangar Ikéa, avec des piles de cartons alignées sur de très hautes étagères et des chariots-élévateurs fourmillant de partout. Eh oui! Faut pas croire que j'étais la seule à ramener mes déchets de rupture de si bon matin. Des gens rompent tous les jours et tous les jours il y en a qui viennent déposer leurs affaires. Comme il n'y avait qu'un seul guichet d'ouvert sur les trois, j'ai du attendre une bonne demi-heure! Pfff! Comme si cela ne suffisait pas de venir dans cet endroit, il a fallu que j'y reste un bon moment, histoire de bien remuer le couteau dans la plaie. Un monsieur portant des lunettes, m'a fait signe quand cela a été mon tour de passer. Je lui ai présenté mes six cartons. Il a collé un code-barre sur chaque, sur lesquels il a bipé ensuite. Mes affaires étaient ainsi enregistrées. Deux employés sont venus ensuite me délester de mes cartons. Et puis ça ne s'est pas arrêté là. J'ai du signer quelques papiers. L'un où je certifiais avoir confié mes affaires à la centrale des relations - section affaires personnelles. Un rapide coup d'oeil sur la date et le paraphe en bas du feuillet m'a permis de vérifier qu'il avait signé bien avant moi. Et un autre où je prenais connaissance de la date où mes affaires seraient à nouveau disponibles si la folle envie me prenait de les récupérer. Il faut savoir que cette date est proportionnelle à la durée de la relation passée.
Voilà, c'est tout. A vrai dire, ce n'est pas plus compliqué que cela.

Quand j'ai regagné ma voiture, je vous avoue que j'ai ressenti un énorme vide. J'ai retenu mes larmes difficilement avant de fouiller dans mon sac à la recherche de l'unique chose que je voulais garder de lui: le collier qu'il m'avait offert quelques mois auparavant. J'ai vérifié qu'il était toujours à l'abri dans mon sac à main puis j'ai démarré, les yeux humides et un sacré mal au coeur.

Crédit photo: Diamond of eye par Spy Seth.

09 janvier 2009

Loser

Enfin un billet penseras-tu! Eh oui, à la manière du Fonacon, je tentais de résister à 2009 et l'idée de voir que j'avais publié 109 billets en 2008 me plaisait plutôt bien. Mais l'inspiration s'est faite trop forte.

Billet à haute teneur en sarcasmes.

Il y a quelques semaines, j'ai passé une soirée dans une petite bourgade frontalière à faire la fête jusqu'à très tôt le lendemain matin. Nous étions une petite quinzaine et au fil de la soirée se formaient quelques groupes réunis souvent autour de la personne la plus ivre. Cependant, quelqu'un n'a pas échappé à mon regard de lynx: le loser.
Nous avions été présentés quelques heures plus tôt: Cédric, enchanté! ennA, enchantée (un peu moins). La grandeur et le décollement de ses oreilles, la rousseur suspecte de sa tignasse, la grosseur de ses narines (et non de son nez, tu noteras la subtilité!), la pâleur de son teint et son look approximatif m'ont tout de suite indiqué qu'il était le loser de la soirée. The big one. The only one. Et ce fut le cas.
Etant proche des groupes formés sans pour autant en faire partie, le loser est en général seul. Seulement, il n'a pas eu le choix. Eh oui, sortir se peler les miches toutes les demies-heures pour tirer sur le chichon, ça n'aide pas à construire une conversation suivie.
Pourtant, il ne s'est pas avoué vaincu et a tenté plusieurs approches avec moi. On aurait pu dire qu'il était intéressé. On aurait pu.
J'ai testé pour toi, l'approche du muscat. Bouteille à la main, verre dans l'autre, regard faussement langoureux, le loser avait à peine esquissé sa demande qu'il lisait sur mes lèvres gercées que je réduisais tout ceci à néant.
Pas grave! Le loser a répliqué plus tard par l'invitation dite de la cigarette. Paquet de malboro (pas light) dans la main et coup d'oeil en direction de la baie vitrée. J'ai cru à une plaisanterie, un jouet de mon imagination mais non, il était motivé pour que j'aille fumer avec lui dehors par -15°C. Le loser est connement désespéré ou désespérément con. Je ne sais pas. A toi de choisir!
"Bon, apparemment, elle ne boit pas de muscat, ne fume pas la malboro; ça tombe bien, je n'aime pas les filles faciles; pas de souci, je vais tenter autre chose" a du se dire Casanova.
Il a regagné sa place près d'un groupe mais pas assez près pour entendre la conversation qui s'y tenait. Faut savoir que mon loser a commencé à sérieusement picoler (eh oui, du muscat) et puis il a commencé à sortir son nécessaire à tricoter, nan à chichon pour passer le temps, quoi! C'est dingue comment l'alcool et le pétard peuvent si bien tenir compagnie et donner une certaine contenance même pour les losers. Et puis faut dire que la maîtresse de maison a eu l'excellente idée à 3h du matin d'être plus clémente envers les fumeurs et de tolérer la fumée à l'intérieur. Et là, je n'ai pas pu couper à la proposition dite de la fumette entamée. Vu son air hagard et assez encombré par l'alcool, j'ai du décliné une énième fois gentiment.
Bon, là, tu vas croire que mon loser n'a parlé à personne de toute la soirée, qu'il est resté dans son coin à boire des verres et à fumer. Tout n'est pas vraiment exact. Il a réussi à avoir une conversation soutenue, avec une fille (oh intéressant!) qui était venue avec son copain (loser) et qui était sur le point de partir (loser again) sur l'insertion en entreprise (loser again and again). Mes oreilles ont été longuement bercées par sa voix faiblarde et tremblotante. On aurait pu dire que c'était parce que je n'étais pas loin et qu'il était troublé par ma proximité. On aurait pu.
A 5h du mat', j'ai abdiqué la première en allant me coucher laissant en plan Casanova. Plus tard, dans la matinée, j'ai appris que mon loser n'était pas resté dormir sur place. Il avait préféré prendre le volant avec un taux d'alcool dans le sang et un nombre de pét' aussi élevés que mon actuel compte en banque (nan, je n'exagère pas)! Et là, j'ai la réponse à la question que je me posais plus haut: je sais que
le loser est connement désespéré et aussi désespérément con.