29 février 2008

Monstre

Bonjour, je m'appelle ennA et j'ai un terrible secret: je suis prisonnière d'un monstre! Depuis un an, je cohabite avec lui. Au début, je ne voulais pas le voir. J'essayais de l'ignorer pour le faire partir mais il est resté avec moi. Et depuis cette année, il se fait de plus en plus omniprésent et lourd à porter. Il m'a petit à petit emprisonné.

Comment vous le décrire? L'image la plus appropriée serait un boulet. Vous voyez le profil type du fantôme drapé et traînant derrière lui un boulet ou encore un bagnard avec sa cheville attachée? Eh bien, c'est exactement ça.

Ce monstre de catégorie 2M, c'est-à-dire memoirus-methodologiqus se nourrit de papiers déchirés, fluotés, de photocopies, de matière grise, de littérature souterraine et de silences universitaires. Il raffole également de mes doutes et de mes peurs au fur et à mesure que l'échéance arrive. Il adore ça me faire peur comme n'importe quel monstre, vous me direz.

Il ne se voit pas au tout premier abord. En effet, on a beau cohabiter, mon ventre ne grossit bizarrement pas. On notera cependant, une pâleur anormale de mon teint puisqu'il m'oblige à rester enfermé. Je suis devenue une handicapée sociale depuis que je vis avec mon monstre. En effet, il est très exclusif et ne souhaite pas que mon esprit aille divaguer ailleurs. Comprenez-le, je finirais par l'oublier!

Mon monstre nécessite des visites régulières de suivi pour voir s'il grossit et s'il se développe normalement. Aux premiers stades de sa croissance, j'étais inquiète car il mettait beaucoup de temps à grossir. La personne qui me suit n'a pas tardé à rectifier le tir en me prescrivant une ordonnance de conseils. L'effet a été immédiat. Aujourd'hui, tout va bien, enfin en ce qui concerne sa croissance même s'il a pris du retard. L'accouchement est prévu pour juin.

Je ne pensais pas que j'allais autant morfler avec lui. Rendez-vous compte, la gestation de ce monstre me prend un peu plus d'un an. C'est fatiguant, mine de rien! Je pense que je n'ai pas été assez préparée à accueillir ce monstre. ça a été trop soudain même si j'en connais qui s'en sont sorties avec à peine 6 mois à la clé! Les veinardes! je les envie.

Quelques unes m'ont raconté comment se passait l'accouchement. Curieusement, il n'a pas lieu dans une salle d'hôpital ou de maternité. 3 à 4 personnes assistent à l'accouchement mais ce ne sont ni des sages-femmes, ni des médecins. Elles préfèrent être appelées jury. Enfin, cela dure en moyenne 10 à 20 minutes, ce qui est plutôt rapide pour un accouchement.

Et après? Eh bien, pour me remercier de ces mois de cohabitation difficile, mon monstre accepte de me rendre la liberté en m'offrant mon dernier diplôme d'études. Enfin, c'est ce qui est prévu!

22 février 2008

Paris


Regardez bien l'affiche. Si vous la regardez attentivement, vous aurez en tête l'esprit du film. On va dire que l'affiche est à l'image du film. Une multitude d'histoires entre des personnages réunie autour de la capitale. Paris.
Et dire que je trépignais d'impatience de voir le dernier film de Klapisch, c'est limite si je ne barrais pas les jours sur mon calendrier! Il faut dire que je suis assez fan de ses films; j'en ai vu quelques uns (Le péril jeune, Chacun cherche son chat, Un air de famille, l'Auberge espagnole et les Poupées russes). Je suis donc allée voir Paris hier. Et là, c'est le drame!!!
J'ai compris que ce n'est pas parce qu'il y a plein d'acteurs talentueux dans un film qu'ils sauvent la mise.
J'ai compris que 2h10 quand il ne se passe pas grand chose, eh bien c'est long. Je me suis surprise à jeter un coup d'oeil sur mon portable.
J'ai compris le véritable sens de mots tels que brouillon, clichés, routine, superficiel,...
Donc si vous faites preuve d'une extrême intelligence, ce dont je n'en doute pas, vous aurez compris que j'ai été déçue par ce film. Oui vraiment déçue!!
Klapisch, mais qu'est-ce que tu as foutu?? Je m'adresse à lui, directement, dans l'hypothétique espoir qu'il atterrisse ici. Je sais je peux toujours rêver, mais quand même!

Un des rares points positifs du film c'est qu'il porte extrêmement bien son titre. Paris. En effet, on ne voit QUE la capitale. Les personnages et leurs intrigues pèsent tellement peu qu'ils s'effacent au profit de Paris. D'ailleurs certaines intrigues sont uniquement construites sur des clichés: quoi de plus original qu'une étudiante qui se tape son vieux prof de fac? quoi de plus original qu'une parisienne branchée prête à accueillir un pauvre immigré africain en France rencontré lors de ses vacances au Cameroun? Bon. Passons.

Comme je le disait plus haut, la brochette d'acteurs laissait quelques espoirs. Rapidement balayés par Fabrice Luchini ou François Cluzet. Le premier est déjà à lui tout seul UN personnage. Il n'a pas besoin de jouer. Il suffit qu'il ouvre la bouche pour que je vois Luchini et non Roland Verneuil. Dommage. François Cluzet joue le rôle de son frère mais je ne sais pas, on ne le voit pas. Il est là pourtant mais il est transparent et complètement fade. Quant à Karin Viard, même si son personnage est à mourir de rire, il n'est pas essentiel au film. On aurait très bien pu la zapper complètement! Sinon, c'était la première fois que je voyais Juliette Binoche dans un film. Elle joue avec une facilité déconcertante. Et j'avoue que le tandem Binoche-Duris est celui qui fonctionne le mieux. A noter, un Romain Duris toujours aussi craquant mais en petite forme.

Et puis, je me suis surprise à rire lors de scènes complètement ridicules. A un moment, on suit la soirée mode d'un groupe de branchées parisiennes qui comme par magie, atterrissent à Rungis, aux dépôts où vont s'approvisionner les gens du marché en produits frais. Mais qu'est-ce qu'elles sont venues foutre à Rungis? Hein? Bon. Passons. Et là comme par hasard, elles tombent sur le petit groupe du marché que l'on suit depuis le début du film. Et c'est à partir de là que le ridicule intervient. Visite guidée dans les entrepôts, pelotages sur le parking, course poursuite sur des élévateurs animée par les piaillements exagérés des branchées (c'est vrai que ça va super vite un élévateur) et une partie de jambes en l'air dans la chambre froide (so sex!).
A côté de ces scènes où la folie (?) n'opère pas, on en a d'autres qui sont franchement marrantes: la scène de Roland avec son psy, celle du flirt entre Pierre et la collègue de sa soeur et... et c'est tout!

Pour finir, je trouve qu'un film choral peut être facilement raté. Plus on a d'acteurs et d'histoires, moins on s'attache et moins c'est intéressant. Dans Paris, il s'agit de "posts-its" d'intrigues se résumant à une seule phrase. Dommage. Dommage pour toi Klapisch. Pas assez fou. Pas assez magique. Trop quotidien. Trop banal. Dommage pour toi Klapisch et dommage pour moi. Mais ne t'inquiètes pas, j'irai voir ton prochain film avec la même hâte et la même excitation que j'ai eu à la sortie de Paris.

19 février 2008

4 auteurs que je relirai encore et encore

Voltaire Jacques Prévert
Pearl Buck
Nicolas Rey

4 auteurs que je ne relirai sûrement jamais

André Breton Virginie Despentes
Jean-Paul Sartre
Marguerite Duras

4 livres que j'emporterai sur une île déserte




4 bandes dessinées que j'adore




Livres de ma vie étudiante




Livres de mon adolescence




Livres de mon enfance





Pour aujourd'hui, j'avoue que l'idée du billet ne vient pas de moi. Je l'ai piquée ici. Cela m'a paru sympathique et j'ai eu envie de faire la même chose.

16 février 2008

Demeure du chaos





Attention! Ames sensibles s'abstenir! J'avais envie de vous parler de la demeure du chaos. Dans ce billet, il est question uniquement du côté artistique car je vous épargnerai tout le côté judiciaire et polémique de l'histoire.

La demeure du chaos est un ancien relais de poste transformé en une gigantesque oeuvre d'art. J'ai eu l'occasion de m'y rendre plusieurs fois lors de différents séjours à Lyon. Et je peux vous dire que c'est réellement impressionnant et que ça ne laisse personne indifférent. La demeure du chaos abrite des milliers de scènes apocalyptiques: crash d'hélicoptère dans la cour intérieure, carcasses de voitures calcinées çà et là, ferrailles sculptées et portraits de dictateurs et d'opprimés en médaillon sur les murs. Cette oeuvre d'art a été lancée, il y a quelques années, par un homme d'affaire français, Thierry Ehrmann. Le chaos et le désordre en tout genre, inspirent car cette maison subit sans cesse des modifications et le nombre d'oeuvres d'art augmente. Face à cela, je reste fascinée, voire même jusqu'à l'hypnose. Il y a tellement de choses à voir et à lire sur la façade, les murs de la maison, dans la cour intérieure, sur le sol,... Fascinée aussi par la force de la claque que je prends à chaque fois que je m'y rends. Curieusement, je ne déprime pas après. Je ne me sens ni surprise ni choquée. Après, le ressenti est différent pour chacun. Certains seront choqués, d'autres mal à l'aise, d'autres encore y verront l'oeuvre d'un excentrique. A chacun de se faire sa propre idée sur une oeuvre peu commune.
Vrai musée à ciel ouvert, la demeure du chaos est un lieu éphémère puisqu'elle change d'un jour sur l'autre où il y a un intérêt celui d'y venir plusieurs fois.

Pour en savoir plus: le site officiel
Pour voir plus de photos: ici


13 février 2008

Taguée!


Je me suis faite taguée! Deux fois en plus par Lisaa et Liyszee! Merci à elles d'avoir pensé à moi. Eh bien, il va falloir jouer le jeu. Mais de quoi il s'agit au juste?

Voici le règlement :

- Mettre le lien de la personne qui vous a tagué
- Mettre le règlement sur votre blog
- Mentionner 6 choses/habitudes/tics importants sur vous-même
- Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en mettant leur lien
- Avertir immédiatement sur leur blog les personnes taguées

Allez, ce n'est qu'un moment extrêmement nombriliste à passer!

  1. Je ne peux pas passer une journée sans écouter ou voir les informations. Sinon, ça me donne la curieuse impression d'être coupée du monde, d'avoir loupé un truc ou de ne plus être à la page. Donc je suis très attentivement les actualités.
  2. J'ai toujours un bouquin dans mon sac à main.
  3. J'ai une phobie des serpents. J'en fais régulièrement des cauchemars: je rêve qu'il y en a plein au bout de mon lit et qu'ils me dévorent les pieds. (Complètement barjo la fille!)
  4. Je voue un culte au fromage de chèvre frais. Il m'arrive d'en manger à la petite cuillère tellement j'adore ça.
  5. J'ai sucé mon pouce jusqu'à l'âge de 12 ans.
  6. J'ai beaucoup de mal avec l'accent du sud. (Je sens que je vais me faire des amis).
Je passe le relais à:
  1. Mamzelle Marylou
  2. Kro
  3. Melle Emilie
  4. Claire
  5. Demoiselle Lou
  6. Marwa

07 février 2008

Blogosphère

Voilà quelques mois que j'ai fait ma timide entrée dans la blogosphère ou devrais-je dire dans les blogosphères. J'ai décidé naturellement de me rapprocher de la blogosphère féminine même si par moment j'ai l'impression de ne pas me fondre dans le décor. Suivant l'air du temps et les interrogations que se posent certaines blogueuses, je ne prévois pas de faire dans l'original. Je ne prétends à aucun moment révolutionner le sujet. Il s'agit juste de livrer mes premières impressions de jeune blogueuse.
J'ai pu considérer la blogosphère féminine comme un grand ensemble à multiples facettes. Comme le montre le nuage des filles, il y en a pour tous les goûts, les styles et les attentes:
- il y a celles qui créent des vêtements jusqu'aux produits cosmétiques et déballent leur côté artistique (photos, dessins,...). Leur blog leur sert de carte de visite aux éventuels visiteurs et peut être repéré par des démarcheurs.
- il y a celles qui sont cuistot dans l'âme et qui livrent leurs recettes de cuisine.
- il y a celles qui sont passionnées par la mode et qui exposent leurs dernières tenues. Les visiteurs ont alors droit à un défilé de photos de vêtements plus ou moins branchés.
Enfin, il y a celles, expatriées ou non, qui veulent revenir au sens premier de l'expression du moi en s'attachant à retranscrire aussi fidèlement que possible leur quotidien.
J'ai beau retourner ces catégories dans tous les sens. Rien n'y fait. Je ne me sens pas appartenir plus à l'une qu'à l'autre. Je ne suis pas une artiste, je cuisine occasionnellement et je ne suis pas avec attention la mode. Je ne pense pas non plus que la blogosphère féminine se résume à ces catégories. Il doit y avoir d'irréductibles inclassables. Donc ça me rassure!
En ce qui concerne l'âge des femmes qui bloguent, il est varié mais globalement, d'après ce que j'ai pu voir, il oscille entre 25 et 35 ans. Elles bossent, vivent à Paris ou dans une grande ville. Une partie sont de véritables geekettes car Wordpress, DotClear ou les langages CSS et HTML n'ont plus trop de secret pour elles. D'autres galèrent un peu plus. Certaines sont en couple, d'autres déjà maman confirmée.
Les rapports entre blogueuses sont généralement sains et plein d'entraide. Je n'ai pas encore vu de tensions ou de commentaires déplacés même si je suis loin d'avoir parcouru d'ouest en est ce petit monde.
Petit à petit, comme toute nouvelle résidente, j'apprends les us et coutumes et les codes de la blogosphère féminine. Un lien par ici, un commentaire rendu par là. Souvent animée par des concours et des chaînes de toutes sortes, la blogosphère tend à renforcer le lien entre tous ses membres. Pour l'instant, ce monde me plaît et je n'ai pas encore fini de l'explorer. Je lis, je navigue de liens en liens pour m'imprégner de ce web au féminin.

05 février 2008

Livre

Au fur et à mesure de mes études, on m'a appris qu'une bonne littéraire ne se déplace jamais sans un livre planqué dans son sac à main. Voilà, pourquoi j'ai (presque) toujours un livre sur moi. Pour me réconforter et calmer mes éventuelles boulimies de lecture. Je lis n'importe où: sur le quai, dans le train, dans le bus,... Même si rien ne vaut mon canapé ou mon lit. N'importe comment: debout, assise en tailleur, allongée sur ma serviette de plage, un crayon de bois à la main. Pour noter des citations qui me font écho, qui me parlent. Je lis en faisant abstraction de tout ce qu'il y a autour: les conversations des gens, le bruit des freins, des portes et le son grésillant provenant des oreillettes. Je lis concentrée sur les mots, les phrases où je cherche des yeux le point final. Je lis en diagonale parfois, l'esprit ailleurs. Je lis plus vite que les lignes. Je fais des retours en arrière: une fois, deux fois,...
L'histoire m'ennuie et son enchaînement me paraît trop lent? Poussée par l'ennui parfois, par la curiosité souvent, je lis la dernière page, les dernières phrases. Mais cela ne remet pas en question ma lecture. De temps à autre, je lis la fin au début et le début à la fin. Et peut-être juste le début et la fin. Je dissèque le livre comme un scientifique dans son laboratoire. Peut-être juste pour avoir le plaisir de reconstituer le puzzle. Je manipule le livre comme parfois le livre nous manipule. J'aime avoir le dernier mot!